

Georgia O'Keeffe, Abiquiú : la maison du désert, entre adobe et fauteuils Eames
Deux maisons en adobe au Nouveau-Mexique, des murs blancs, des os posés sur les rebords et quelques sièges modernes : l'intérieur d'O'Keeffe, tel qu'elle l'a construit.
2 MIN · 5 OBJETS IDENTIFIÉSGeorgia O'Keeffe achète une maison à Ghost Ranch en 1940, puis une ruine en adobe à Abiquiú en 1945. Elle s'y installe pour de bon en 1949, après la mort d'Alfred Stieglitz. Ces deux maisons sont sa dernière grande œuvre.
La maison
À Ghost Ranch, une maison basse en U ouverte sur le Pedernal, la montagne plate qu'elle a peinte des dizaines de fois. À Abiquiú, un ensemble du XVIIIe siècle qu'elle met quatre ans à restaurer avec Maria Chabot : murs de terre, plafonds à poutres, patio fermé par une porte noire qu'elle peindra à son tour, grandes baies percées dans l'atelier vers la vallée de la Chama. Le Georgia O'Keeffe Museum gère la maison et y organise des visites guidées, sur réservation.
Ce qu'on y voit
Presque rien, et c'est voulu. Des lits étroits, des tables simples, une cuisine rangée comme une pharmacie. Puis, contre l'adobe, quelques pièces modernes venues par son ami Alexander Girard, installé à Santa Fe en 1953 : des chaises LCW de Charles et Ray Eames, un fauteuil Womb et une table d'Eero Saarinen, une lanterne Akari de Noguchi, des céramiques d'Arabia. Sur les rebords de fenêtre, des crânes, des vertèbres, des pierres lisses ramassées en marchant : sa collection, et ses modèles.
La palette
Blanc de chaux, terre crue, gris des os, noir de la porte. Le vert d'un fauteuil, le rose des falaises. Aucun motif : les murs restent nus pour que la lumière travaille.
Ce qu'on en retient chez soi
Trois objets bien choisis et beaucoup de vide. Un mur blanc mat, un sol sombre, un siège de contreplaqué ou un fauteuil enveloppant, et sur le rebord, ce qu'on a ramassé soi-même. LCW et Womb sont toujours édités ; en vintage, la première se trouve entre 1 000 et 2 000 € selon l'époque, le second plusieurs milliers d'euros neuf.
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