L'Isle-sur-la-Sorgue, le Venise des antiquaires
Trois cents marchands, une rivière, et le troisième marché d'antiquités d'Europe après Londres et Paris. Le guide pour chiner sans se perdre dans le Vaucluse.
À une heure d'Avignon, une petite ville traversée de canaux et de roues à aubes concentre près de trois cents antiquaires permanents. L'Isle-sur-la-Sorgue est, après Londres et Paris, le plus grand foyer d'antiquités d'Europe — et le plus agréable où chiner, les pieds presque dans l'eau.
Quand y aller
Deux rythmes. Les week-ends, les villages d'antiquaires sont ouverts (L'Isle aux Brocantes, le Village des Antiquaires de la Gare, le Quai de la Gare) : on chine au calme, à couvert. Et deux grandes foires internationales, à Pâques et à la mi-août, où débarquent dealers et décorateurs du monde entier — plus cher, mais c'est là que sortent les pièces.
Ce qu'on y trouve
La spécialité maison : l'art de vivre provençal et le mobilier du XVIIIe au mid-century. Lin ancien et boutis, faïences de Moustiers et d'Apt, tables de ferme, miroirs dorés, mais aussi de plus en plus de design des années 50-70 que les marchands ont appris à sortir pour la clientèle parisienne et italienne.
Les règles du chineur
On négocie — 10 à 20 % se discutent sans froisser. On demande toujours la provenance et l'époque (« est-ce d'époque ou de style ? »). On vient avec un mètre ruban et les dimensions de chez soi. Et on arrive tôt : les décorateurs raflent les belles pièces avant midi.
Y faire une pause
Le marché du dimanche matin déborde sur les quais : primeurs, fromages, et l'odeur de la rivière. On chine, on déjeune au bord de la Sorgue, on repart avec un miroir sous le bras. C'est la version ensoleillée de Saint-Ouen.
Vu une pièce sans étiquette chez un marchand ? Beyit aide à l'identifier — et à savoir ce qu'elle vaut vraiment.
Galerie · 5 images.




