Le Palais Bulles : la maison sans un seul angle droit
Antti Lovag rêvait d'habitats cellulaires ; Pierre Cardin en a fait son manifeste. Sur les hauteurs de Théoule, 1 200 m² de sphères face à la Méditerranée.
Théoule-sur-Mer, au-dessus de l'Estérel rouge. Le Palais Bulles n'a ni murs droits, ni angles, ni portes rectangulaires : l'architecte hongrois Antti Lovag y a poussé jusqu'au bout son idée fixe — l'homme n'est pas fait pour vivre dans des boîtes.
L'architecture cellulaire
Commencé en 1975 pour un industriel, achevé et agrandi par Pierre Cardin qui l'acquiert en 1992, le palais aligne ses bulles de béton projeté sur dix niveaux : 1 200 m², vingt-huit pièces rondes, des hublots partout, un amphithéâtre de 500 places creusé dans la colline. Lovag ne dessinait pas de plans — il courbait des armatures sur place, à l'instinct.
Le manifeste Cardin
Pour le couturier de la haute couture géométrique, la maison-bulle était une évidence : le futur, en version habitable. Il y organise défilés et fêtes ; Dior y montrera sa croisière 2016. Estimé à des centaines de millions, régulièrement en vente, le palais reste l'un des objets immobiliers les plus singuliers d'Europe.
L'héritage
Classé pour partie au titre des monuments historiques depuis 2016, le Palais Bulles a réhabilité toute une lignée : Häusermann, la maison Unal, les architectures-bulles des années 70 — que le marché redécouvre aujourd'hui.
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