Terrazzo : du palais vénitien au plateau de table, le grand retour
Éclats de marbre pris dans le ciment : le terrazzo a six siècles et refait surface partout. Reconnaître le vrai, éviter l'imitation imprimée, bien le choisir.
Venise, XVe siècle : les tailleurs de pierre récupèrent les chutes de marbre des palais et les noient dans la chaux. Six cents ans plus tard, leur solution d'économie est devenue l'une des matières les plus photographiées de la décoration.
Ce que c'est vraiment
Le terrazzo authentique est un composite : éclats de marbre, de quartz ou de verre, liés au ciment puis poncés jusqu'au poli. Chaque plaque est unique — c'est sa définition même. Sols de palais italiens, halls haussmanniens, paillasses de cuisine des années 50 : il a toujours été là, on a juste recommencé à le regarder.
Vrai, reconstitué, imprimé
Trois niveaux circulent : le terrazzo véritable, coulé ou en plaques, lourd et froid au toucher ; les composites résine plus légers, corrects pour un plateau ; et l'imitation imprimée — mélamine ou grès à motif terrazzo — qui se trahit par la répétition du dessin : deux éclats identiques à dix centimètres d'écart ne mentent pas.
Bien l'utiliser
Par touches : un plateau de table, une lampe, une planche, un plan vasque. En grande surface, il exige un ponçage et un traitement sérieux — et les motifs très contrastés fatiguent vite. Les pièces vintage en vrai terrazzo, tables basses ou consoles des années 70-80, restent sous-cotées en brocante.
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