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Le OFF · 20 septembre 2026

Le JAD chez Avril : quinze artisans qui veulent qu'on les copie

Le Jardin des métiers d'Art et du Design est sorti de Sèvres pour cinq jours, chez Avril, passage du Cheval Blanc. Quinze artisans résidents et trois designers invités, avec une consigne : faire des objets reproductibles.

Un lieu qui sort de ses murs pour cinq jours, c'est banal. Une exposition d'artisans d'art dont la consigne est de faire des objets reproductibles, ça l'est beaucoup moins — c'est même le contraire de ce que le métier d'art défend d'habitude.

Ce que le JAD est, et d'où il vient

Le JAD — Jardin des métiers d'Art et du Design — est installé à Sèvres, dans les Hauts-de-Seine. C'est une résidence : des ateliers, des artisans qui y travaillent à l'année, et un lieu d'exposition. Pour la Paris Design Week, il est sorti de chez lui et s'est installé à Paris, chez Avril, du 9 au 13 septembre. L'entrée était libre.

Le choix du lieu n'était pas anodin. Avril occupe un ancien village d'artisans de Bastille, passage du Cheval Blanc, et n'ouvrira officiellement qu'en novembre 2026 : l'exposition se tenait donc dans un lieu qui n'existe pas encore tout à fait.

La consigne, et pourquoi elle compte

Quinze artisans résidents et trois designers invités ont relevé le même défi : réinventer leur métier par l'esprit du DIY, c'est-à-dire imaginer des objets compréhensibles, adaptables ou reproductibles. Autour de l'exposition, des ateliers pratiques, des rencontres et un café donnaient à voir le processus plutôt que seulement le résultat.

Il faut mesurer ce que cette phrase demande à un artisan d'art. Tout son métier repose sur le geste qu'on ne peut pas refaire : la pièce unique, la main reconnaissable, la valeur qui tient à la rareté. Lui demander de concevoir quelque chose que n'importe qui pourrait comprendre et refaire, c'est lui demander de renoncer précisément à ce qui fait son prix.

Pourquoi ça nous intéresse

Nous passons l'année à distinguer une édition d'une copie, et à expliquer pourquoi copier une pièce sans droits ne rémunère personne. Cette exposition prend le problème par l'autre bout, et c'est salutaire : il existe une reproductibilité choisie, assumée, documentée par celui qui a dessiné — et elle n'a rien à voir avec la contrefaçon.

La différence tient en un mot : l'intention de l'auteur. Un objet qu'un créateur conçoit pour être refait est un objet donné. Un objet refait sans lui est un objet pris. C'est la même forme et ce n'est pas le même geste.

Y aller

Le JAD hors les murs s'est tenu chez Avril, 9 passage du Cheval Blanc, 75011 Paris, du 9 au 13 septembre 2026, entrée libre. La présentation est terminée. Avril ouvrira officiellement en novembre 2026 ; le JAD, lui, se visite à Sèvres toute l'année.

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