

Contrepoint : Anthony Guerrée entre dans les plâtres de Bourdelle
Du 8 au 27 septembre, le designer installe bois, verre, textile et terre au milieu des sculptures d'Antoine Bourdelle. Un vitrail dans la salle des plâtres, une méridienne en jacquard : le design qui répond, sans couvrir.
3 MIN · 5 OBJETS IDENTIFIÉSLe musée Bourdelle est déjà, en temps normal, l'une des plus belles adresses de Paris : l'atelier du sculpteur, ses appartements et son jardin, conservés dans le 15e arrondissement au milieu des immeubles. Du 8 au 27 septembre, le designer Anthony Guerrée y installe Contrepoint, au milieu des collections permanentes.
Le principe
Un contrepoint, en musique, c'est une ligne mélodique qui s'ajoute à une autre sans la recouvrir : les deux s'entendent en même temps et chacune reste lisible. C'est le programme exact de l'installation. Guerrée reprend dans les sculptures d'Antoine Bourdelle ce qui l'intéresse — les lignes, les courbes, les tensions — et le transpose dans quatre matières : le bois, le verre, le textile et la terre. Les pièces se glissent parmi les œuvres sans jamais prendre leur place.
Ce qu'on voit, salle par salle
Dans le grand hall, quatre paravents de vitrail et de bois déploient leurs jeux de lumière colorée autour des sculptures. C'est la pièce spectaculaire de l'installation, et la seule qui modifie la lumière du lieu plutôt que de s'y ajouter.
La salle des plâtres fait place à la terre mêlée : des surfaces et des modules en terre cuite, mais aussi des moules et des matrices, posés sur la table de travail de Bourdelle lui-même. Montrer l'outil à côté de l'œuvre, dans l'atelier d'un sculpteur, est un geste de designer plus que de scénographe. La présentation se prolonge dans le jardin intérieur.
Dans le salon, plus intime, une méridienne recouverte d'un jacquard dessiné pour l'occasion, tiré du répertoire de formes de Bourdelle : la traduction d'un volume en surface. À côté, quelques petits meubles, dont une bibliothèque tournante.
Qui est Anthony Guerrée
Formé à l'École Boulle, passé par le Studio Andrée Putman puis chez Christophe Delcourt, il a fondé son studio en 2020. Il a déjà travaillé dans un lieu patrimonial de ce type : la Fondation Le Corbusier l'avait invité à la Maison La Roche pour une précédente Design Week. C'est une pratique rare — celle d'un designer qui produit pour un lieu existant plutôt que pour un catalogue.
Ce que le musée possède déjà
L'installation résonne avec une collection que peu de visiteurs connaissent : grâce au legs de Rhodia Dufet-Bourdelle en 2002, le musée conserve des ensembles de mobilier et les archives de Michel Dufet, designer emblématique de l'Art déco — et gendre d'Antoine Bourdelle, dont il a défendu le travail. Le dialogue entre design et sculpture n'est donc pas une idée d'exposition : il est dans les murs depuis vingt ans.
Ce qui est édité, ce qui est unique
Le dossier de presse permet de trancher. La méridienne Orbe est une pièce éditée par La Chance, la maison fondée par Louise Breguet et Jean-Baptiste Souletie ; elle est montrée ici dans une version tapissée spécialement pour l'installation, avec un jacquard tissé par les Tissages de Charlieu, atelier séculaire de la Loire, avec l'appui technique d'Isabelle Arnadie. La bibliothèque tournante Forma, inédite, appartient au même éditeur.
Les paravents de vitrail sont, eux, des pièces uniques faites pour le lieu : le verre par Sophie Toporkoff, dont l'atelier accompagne artistes et designers sur des projets sur mesure, et les structures en frêne massif par le menuisier Louis Monier, Meilleur Ouvrier de France. Les terres cuites — vases, vide-poches, formes libres, podiums Voluto — viennent d'une recherche sur la terre mêlée menée avec la manufacture italienne Fornace Brioni, fondée en 1920 et portée par la quatrième génération : ce sont des objets de recherche, pas encore des produits.
Guerrée résume sa manière de faire d'une phrase, à propos de sa première collection, Les assises du temps perdu, inspirée des personnages de Proust : « J'aime l'idée de dessiner des collections comme on écrit des histoires. » Une de ces assises est entrée au Mobilier national en 2022.
Y aller
Musée Bourdelle — 18 rue Antoine-Bourdelle, 75015 Paris. Contrepoint, du 8 au 27 septembre 2026, dans les galeries des collections permanentes. Du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h, dernière entrée à 17 h 15. Accès libre dans les collections permanentes. C'est la première collaboration du musée avec la Paris Design Week.
Le geste Beyit : photographiez une pièce de l'installation et scannez-la — l'outil vous indique ce qui est édité, où le trouver, et ce qui n'existe qu'ici.
Une photo, et chaque meuble est identifié.
Ta pièce, une vitrine, une capture d'écran d'inspiration : envoie la photo, on retrouve les pièces et leurs alternatives à tous les prix.
Les objets, à ton budget.
Chaque pièce citée, avec ses alternatives — du vintage au dupe.
Galerie
5 images








